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Conseils

Arthrose chez le chien

prise en charge de l'arthrose chez le chien

les conseils du docteur sebastien etchepareborde, spÉcialiste en chirurgie

Definition

Une articulation est composée de cartilage qui recouvre des extrémités osseuses. Ces surfaces sont lubrifiées par un liquide contenu dans une membrane qui entoure l’arti-culation : la membrane synoviale. Une articulation normale nécessite une harmonie entre ces trois tissus : le cartilage, l’os et la membrane synoviale. Plusieurs facteurs peuvent créer un déséquilibre (fracture, entorse, maladie de croissance, âge, maladie du cartilage...) qui entraine une dégradation du cartilage et une inflammation de la membrane synoviale : c’est l’arthrose. Près de 20% des chiens de plus d’un an présentent de l’arthrose sur une ou plusieurs articulations. Cette proportion est beaucoup plus élevée si l’on considère les animaux âgés.

Un cartilage sain permet une lubrification parfaite lors des mouvements de l’articulation (A).  Lors d’arthrose débutante, le cartilage se dégrade et libère des substances créant une inflammation de la membrane synoviale et un amincissement du cartilage (B). En stade terminal, le cartilage articulaire a disparu, les os frottent directement l’un sur l’autre provoquant de la douleur. A ce stade, l’organisme produit de l’os dans sa tentative de réparation pour stabiliser l’articulation (ostéophytes). Ces modifications sont alors visibles à la radiographie (C).

 
 

signes cliniques

Les signes cliniques sont très variables puisqu’ils dépendent d’abord de l’articulation concernée puis du degré d’arthrose, de la race, du caractère de l’animal et de son activité. Pour l’animal, l’arthrose entraine d’abord une gêne puis une douleur qui évolue vers une diminution de l’amplitude de l’articulation. De manière générale, la boiterie est plus visible « à froid » (le matin ou après une sieste) et on peut distinguer une fonte musculaire, une intolérance à l’effort voire un refus de l’effort et des raideurs. De manière plus spécifique pour l’arthrose des hanches par exemple, on constate une diffculté à se lever et à monter les escaliers, des déplacements au trot en « saut-de-lapin » ou au pas en serrant les pattes arrières et des hanches qui chaloupent. Fréquemment, l’importance de la boiterie est masquée par le fait que l’arthrose est présente des deux côtés, obligeant l’animal à poser ses deux pattes quand même alors qu’une arthrose d’un seul côté entrainerait une boiterie marquée.

Un examen orthopédique par votre vétérinaire permettra de faire un état des articulations et de motiver si nécessaire la prise de clichés radiographiques.

A gauche des hanches normales. La tête du fémur s'articule parfaitement avec le bassin. A droite, on voit les déformations osseuses importantes liées à l'apparition de l'arthrose. A ce stade, le cartilage a disparu et l'os frotte contre l'os et cela engendre des douleurs.

 

gestion de l'arthrose



La gestion de l’arthrose s’axe sur 3 points : la gestion du poids, la maitrise de l’exercice et le traitement médical. Ce dernier point s’axe lui-même sur 3 points : les chondroprotecteurs (substances protégeant le cartilage), les anti-inflammatoires et les anti-douleurs.

LA GESTION DU POIDS

Le surpoids et l’obésité sont les principaux facteurs influençant la progression de l’arthrose. La réduction du poids est associée à une diminution de la boiterie. Il est indispensable de maintenir l’animal arthrosique à son poids de forme ou d’utiliser une alimentation spécifique pour atteindre ce poids.

LA MAITRISE DE L'EXERCICE

Les exercices intenses doivent être bannis (course, sauts). En revanche un exercice régulier et modéré est indispensable. La nage est un très bon exercice.

LE TRAITEMENT MEDICAL

Les chondroprotecteurs sont la première ligne de traitement puisqu’ils n’ont pas d’effets secondaires. Ils peuvent être combinés aux autres médicaments et doivent être donnés à vie. Les anti-inflammatoires puis les anti-douleurs peuvent être ajoutés aux chondroprotecteurs en cas de besoin. Certaines causes d’arthrose peuvent nécessiter une intervention chirurgicale au préalable, parlez-en avec votre vétérinaire.

 

LES CHONDROPROTECTEURS

Le cartilage qui recouvre l’os est une enveloppe de collagène de type II remplie d’eau. L’eau reste dans cette enveloppe grâce à des molécules géantes : les protéoglycanes. Les chondroprotecteurs sont des substances protégeant ce cartilage. Leurs avantages par rapport aux anti-inflammatoires traditionnels sont leurs effets secondaires anecdotiques voire inexistants. On peut ainsi les utiliser à très long terme.

D-glucosamine sulfate : cette molécule est « la brique de base » constituant les protéoglycanes. Elle est absorbée à 90% après une administration orale et se concentre principalement dans le cartilage articulaire. Cette molécule stimule la synthèse de protéoglycanes et possède également une légère action anti-inflammatoire.

Collagène de type II : avec la glucosamine sulfate, c’est l’autre composant du cartilage comme expliqué ci-dessus. 
Son administration chez le chien arthrosique a montré une diminution de la douleur, de la boiterie et des raideurs.

Harpagophytum : cette plante provenant d'Afrique du sud possède plusieurs propriétés médicinales décrites chez l'homme. Parmi celles-ci, un effet anti-inflammatoire et de protection du cartilage.

Reine des prés : cette plante est utilisée traditionnellement en Europe dans le traitement des maladies inflammatoires pour ses propriétés contre la fièvre, la douleur et les rhumatismes. Son effet anti-inflammatoire a été prouvé in vitro.

Les acides gras essentiels ω3 : ce sont des composants essentiels des membranes cellulaires. Ils possèdent des vertus pour la peau, le rein, le foie et le cœur. Des études scientifiques chez le chien arthrosique ont démontré une diminution de la dose nécessaire d’anti-inflammatoire associé, une amélioration de la démarche, plus de facilité à se lever et un regain d’entrain pour l’exercice.