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Conseils

Arthrose chez le chat

prise en charge de l'arthrose chez le chAT

les conseils du docteur sebastien etchepareborde, spÉcialiste en chirurgie

Definition

Une articulation est composée de cartilage qui recouvre des extrémités osseuses. Ces surfaces sont lubrifiées par un liquide contenu dans une membrane qui entoure l’arti-culation : la membrane synoviale. Une articulation normale nécessite une harmonie entre ces trois tissus : le cartilage, l’os et la membrane synoviale. Plusieurs facteurs peuvent créer un déséquilibre (fracture, entorse, maladie de croissance, âge, maladie du cartilage...) qui entraine une dégradation du cartilage et une inflammation de la membrane synoviale : c’est l’arthrose.

60% des chats de plus de 6 ans ont de l’arthrose sur au moins une articulation et ce chiffre monte à 82% sur des chats âgés de plus de 14 ans.

Un cartilage sain permet une lubrification parfaite lors des mouvements de l’articulation (A).  Lors d’arthrose débutante, le cartilage se dégrade et libère des substances créant une inflammation de la membrane synoviale et un amincissement du cartilage (B). En stade terminal, le cartilage articulaire a disparu, les os frottent directement l’un sur l’autre provoquant de la douleur. A ce stade, l’organisme produit de l’os dans sa tentative de réparation pour stabiliser l’articulation (ostéophytes). Ces modifications sont alors visibles à la radiographie (C).

 
 

signes cliniques

Contrairement aux chiens, seuls 4 à 10% des chats ayant de l’arthrose vont boiter. Les changements liés à l’arthrose sont principalement comportementaux et peuvent se classer selon 4 catégories :

Les problèmes de mobilité : ce sont les signes les plus évidents à savoir des hésitations à sauter, des sauts moins hauts qu’avant, des difficultés à monter ou descendre les escaliers.

La diminution de l’activité : le chat dort plus souvent, joue moins ou refuse de jouer, chasse moins, …

La dégradation du toilettage  : arrêt du toilettage ou certaines zones délaissées, griffes laissées plus longues, …

Le changement de caractère : refuse le contact avec d’autres chats ou avec le propriétaire, plus calme que d’habitude.

Un examen orthopédique par votre vétérinaire permettra de faire un état des articulations et de motiver si nécessaire la prise de clichés radiographiques.

La hanche et le coude sont les articulations présentant le plus souvent de l’arthrose suivi par le genou et le tarse (la cheville).

 

gestion de l'arthrose



La gestion de l’arthrose s’axe sur 3 points : la gestion du poids, la maitrise de l’exercice et le traitement médical. Ce dernier point s’axe lui-même sur 3 points : les chondroprotecteurs (substances protégeant le cartilage), les anti-inflammatoires et les anti-douleurs.

LA GESTION DU POIDS

Près de 14% des chats arthrosiques sont obèses. Une alimentation spécifique, permettant d'atteindre la satiété avec un apport calorique faible, est indispensable pour ne pas devoir abandonner le régime car le chat semble affamé.

LA STIMULATION DE L'EXERCICE

De nombreuses solutions existent pour aider le chat dans son quotidien (marches, tabourets pour monter, litière plus basse, griffoir au sol,…) et le stimuler (balles distributrices de nourriture, gamelles ludiques, sorties en laisse,…).

LE TRAITEMENT MEDICAL

Les chondroprotecteurs sont la première ligne de traitement puisqu’ils n’ont pas d’effets secondaires. Ils peuvent être combinés aux autres médicaments et doivent être donnés à vie. Les anti-inflammatoires peuvent être donnés à long terme mais un suivi des reins est alors indispensable (tous les 3 à 6 mois). Des anti-douleurs peuvent être ajoutés en cas de besoin ; ils sont les mêmes que chez le chien mais leur faible appétence rend le traitement diffcile à administrer chez la plupart des chats.

 

LES CHONDROPROTECTEURS

Le cartilage qui recouvre l’os est une enveloppe de collagène de type II remplie d’eau. L’eau reste dans cette enveloppe grâce à des molécules géantes : les protéoglycanes.  Les chondroprotecteurs sont de substances protégeant ce cartilage.  Leurs advantages par rapport aux anti-inflammatoires traditionnels sont leurs effets secondaires anecdotiques voire inexistants.  On peut ainsi les utiliser à très long terme.

D-glucosamine sulfate : cette molécule est « la brique de base » constituant les protéoglycanes. Elle est absorbée à 90% après une administration orale et se concentre principalement dans le cartilage articulaire.  Cette molécule stimule la synthèse de protéoglycanes et retarde ainsi sa dégradation.  Après 6 à 8 semaines de traitement on a noté un effet sur la réduction de la douleur suggérant une légère action anti-inflammatoire.

Harpagophytum : cette plante provenant d'Afrique du sud possède plusieurs propriétés médicinales décrites chez l'homme. Parmi celles-ci, un effet anti-inflammatoire et de protection du cartilage.

Reine des prés : cette plante est utilisée traditionnellement en Europe dans le traitement des maladies inflammatoires pour ses propriétés contre la fièvre, la douleur et les rhumatismes. Son effet anti-inflammatoire a été prouvé in vitro.

Les acides gras essentiels ω3 : ce sont des composants essentiels des membranes cellulaires. Ils possèdent des vertus pour la peau, le rein, le foie et le cœur.  Une étude scientifique chez le chat arthrosique a montré un regain d'activité constaté par les propriétaires avec  une nutrition riche en  ω3 comparée à un placébo.